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Samedi 8 novembre 2008

ALLEGORIE


LA MONITRICE  

Il était une fois une monitrice de canards qui était tellement
bonne et tellement patiente que toutes les autres monitrices lui
envoyaient leurs petits canards difficiles à éduquer: canards
rebelles, canards à patte cassée, aux palmes défectueuses ou tout
simplement canards paresseux.

Au début, elle aimait beaucoup cela. Elle était même un peu flattée
qu'on est besoin d'elle aussi souvent. Mais avec le temps, elle commença
à se sentir fatiguée; c'était toujours elle qui devait travailler avec les
pires canards. Dès qu'ils étaient bons pour l'envol, elle ne les revoyait plus
ou c'étaient les autres monitrices qui les reprenaient en main. Par contre,
s'ils étaient encore trop faibles et qu'ils devaient recommencer leurs apprentissages,
c'étaient à elle qu'ils revenaient. Au lieu de la valoriser, cela finit par la rendre
triste et découragée.

Un jour qu'elle se sentait vraiment déprimée, elle décida de se reposer
un peu. Elle se retira sur le bord d'un tout petit ruisseau assez isolé des
autres. Là, elle se laissa bercer par le clapotis des vagues et par le doux
chant du vent dans les roseaux. Lentement, elle glissa dans un profond sommeil.
Et elle fit un rêve. Elle se voyait toute calme sur un bel étang ensoleillé et
tout à coup elle fut entourée d'une bande de canards, tous plus joyeux les
uns que les autres. À sa grande surprise, elle reconnut plusieurs petits avec
qui elle avait tant travaillé. Le premier lui cria: " Salut! tu vois comme je nage bien!
Mes palmes sont en parfaite condition. C'est grâce à toi, tu sais! "
Puis un autre qui planait doucement juste au-dessus: " Vois le mouvement
de mes ailes, j'ai fini par apprendre! Tu te souviens comme c'était difficile
pour moi? " Et un troisième qui plongea merveilleusement devant elle pour
refaire surface à quelques mètres de là: " Regarde ! c'est toi qui m'as convaincu
que j'étais capable de plonger. Je suis très content maintenant ! "

La monitrice était si heureuse, son coeur battait si fort de voir et d'entendre
cela qu'elle se réveilla. Bien sûr, elle comprit très vite que ce n'était qu'un rêve
car jamais elle ne revoyait les canards qui, grâce à elle, avaient réussi à partir
comme tous les autres, mais son rêve resta dans son coeur comme une lumière toute
chaude. Elle comprit combien, au plus profond d'elle-même, elle aimait tous ces petits
canards boiteux et combien ils avaient besoin d'elle.

Après quelque temps, elle se sentit prête à retourner à son travail.

Chez Sérénité


par Camomille publié dans : Vie communauté : La récréa - Bigornette
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Samedi 1 novembre 2008

LE PETIT PRINCE

Extraits du Petit Prince qui donnent à réfléchir....


- Bonjour, dit le petit prince.
  - Bonjour, dit le marchand.
  C'était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l'on n'éprouve plus le besoin de boire.
  - Pourquoi vends-tu ça ? dit le petit prince.
  - C'est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.
  - Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?
  - On en fait ce que l'on veut... 
  Moi, se dit le petit prince, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine...


Mais il arriva que le Petit Prince ayant longtemps marché à travers les sables, les rocs et les neiges, découvrit enfin une route. Et les routes vont toutes chez les hommes. Bonjour dit-il.
C'etait un jardin fleuri de roses. Bonjour dirent les roses. Le Petit Prince les regarda. Elles ressemblaient toutes à sa fleur. Qui etes-vous? Leur demanda t-il stupéfait. Nous sommes des roses, dirent les roses. Ah! Fit le Petit Prince... Et il se sentit tres malheureux. Sa fleur lui avait raconté qu'elle etait seule de son espèce dans l'univers. Et voici qu'il en etait cinq mille toutes semblables, dans un seul jardin ! Elle serait bien vexée se dit-il si elle voyait ça ...Elle tousserait enormément et ferait semblant de mourir pour échapper au ridicule. Et je serais bien obligé de faire semblant de la soigner, car sinon, pour m'humilier moi aussi, elle se laisserait vraiment mourir... Puis il se dit encore: Je me croyais riche d'une fleur unique et je ne possède qu'une rose ordinaire. Ca et mes trois volcans qui m'arrivent au genou, et dont l'un, peut-être est éteint, pour toujours, ca ne fait pas de moi un bien grand prince... Et couché dans l'herbe il pleura. 




Les hommes n'ont plus le temps de connaître quoi que ce soit.
Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands.
Mais, comme il n'existe pas de marchands d'amis,
Les hommes n'ont plus d'amis...


 Antoine de Saint Exupéry
"Le Petit Prince"

par Camomille publié dans : Vie communauté : La récréa - Bigornette
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Mercredi 22 octobre 2008


LES SECRETS DE ROSE, ÂGÉE DE 87 ANS !


C'était le premier jour de la rentrée à l'université, et notre professeur s'était présenté en nous enjoignant de faire connaissance avec quelqu'un que nous ne connaissions pas encore.
En me levant pour regarder autour de moi, je sentis une main se poser doucement sur mon épaule. En me retournant, je vis une petite vieille toute fripée qui me regardait avec un sourire radieux irradiant de tout son être.
-"Bonjour, ma jolie", me dit-elle. "Je m'appelle Rose.
J'ai quatre-vingt-sept ans.
Me permets-tu de te donner l´accolade ?"
 En riant, je lui répondis avec enthousiasme,
-"Bien sûr que vous le pouvez !"
Et elle me gratifia alors d'une formidable étreinte.
-"Pour quelle raison une personne si jeune et si candide comme vous est-elle à l'université ? lui demandai-je.
Avec malice elle répondit,
-"Je suis là pour rencontrer un riche époux, me marier, faire deux enfants, et ensuite je profiterai de ma retraite pour voyager."
-"Non, sérieusement," lui  demandai-je.
J'étais curieuse de savoir ce qui avait pu la motiver à relever ce défi à son âge.
-"J'ai toujours rêvé d'avoir une formation universitaire, et
aujourd'hui j'en reçois une !"; me dit-elle.
Le cours terminé, nous allâmes au foyer des étudiants siroter ensemble un milk-shake au chocolat.
Nous étions devenues amies tout de suite. Ces trois premiers mois, nous partions chaque jour après les cours dans d'interminables discussions !
J'étais inlassablement fascinée à l'écoute de cette "machine à remonter le temps" qui partageait avec moi sa sagesse et son expérience.

Après quelque temps, Rose était devenue la coqueluche du campus et elle n'avait aucun mal à se faire des amis partout où elle allait. Elle adorait se faire élégante et se réjouissait de l'attention que lui portaient les autres étudiants. Elle s'y prêtait de bonne grâce.

À la fin du second trimestre, nous avons invité Rose à prendre la parole au banquet de notre équipe de foot. Jamais je n'oublierai les mots qu'elle nous y a dit alors. Après avoir été présentée, elle est montée sur le podium. Alors qu'elle commençait le discours qu'elle avait préparé, elle a fait tomber par terre une partie de ses notes. Frustrée et légèrement embarrassée, elle s'est alors penché sur le micro en disant simplement;
 -"Excusez ma nervosité. Je ne bois plus de bière depuis le Carême, et ce whisky m'assomme ! Je ne vais jamais retrouver l'ordre de mes notes, alors permettez-moi juste de vous dire ce que je sais."
Tandis que tout le monde s'esclaffait, elle s'est éclairci la voix et a commencé :
-"Nous ne cessons pas de jouer parce que nous sommes vieux ; nous devenons vieux parce que nous cessons de jouer. Il n'y a que quatre secrets pour rester jeune, être heureux, et connaître le succès.
1 - Il vous faut rire et faire preuve d'humour chaque jour.
 
2 - Il vous faut avoir un rêve. Lorsque vous perdez vos rêves, vous mourez. Vous avez tant de gens autour de vous qui sont morts et
 qui ne le savent même pas !
 
3 - Il y a une énorme différence entre vieillir et grandir. Si à dix-neuf ans vous restez dans votre lit une année entière sans rien faire d'utile, vous atteindrez vos vingt ans. J'ai quatre-vingt-sept ans, et  si je reste au lit toute une année sans faire quoi que ce soit, j'atteindrai mes quatre-vingt-huit ans.
Tout le monde sait vieillir. Cela ne nécessite ni compétence ni disposition particulières. L'idée est de grandir en trouvant toujours l'opportunité pour le changement.
 
4 - N'ayez aucun regret. Les personnes âgées n'ont habituellement pas de regrets pour ce qu'elles ont fait, mais bien plutôt pour ce qu'elles n'ont pas fait. Les seules à avoir peur de la mort sont celles qui ont des regrets."

Elle a terminé son discours en chantant bravement "La Rose".
A la fin de l'année, Rose a terminé la licence qu'elle avait entreprise durant toutes ces années. Une semaine après avoir obtenu son diplôme, Rose est morte paisiblement pendant son sommeil.

Plus de deux mille étudiants ont assisté à ses funérailles en hommage à la femme merveilleuse qui prêchait par l'exemple qu'il n'est jamais trop tard pour devenir tout ce qu'il vous est possible d'être.

Auteur inconnu
 

par Camomille publié dans : Vie communauté : La récréa - Bigornette
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Mercredi 15 octobre 2008

PAUSE OU ARRET ?
J'y réfléchis.





Bonjour mes amis et lecteurs....

Je n'ai  plus suffisamment de motivation pour continuer mon blogue.
J'en ai assez de "nager" dans la publicité et les bugues
Overblog ne me convient plus du tout.
J'ai décidé de faire une pause ou un arrêt définitif.
Il faut que j'y réfléchisse pour être certaine
de prendre la bonne décision.

Je ne vous oublierai pas et viendrai vous saluer sur vos blogues..

Bonne continuation à toutes et tous.

Bisous
camomille

par Camomille publié dans : Vie
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Vendredi 10 octobre 2008


Veux-tu être ma bonne amie ?


Ce matin d'octobre 1944, dès son réveil René était tout excité, après une toilette à l'eau froide menée rondement il avait bu son bol de lait et mangé sa tartine de pain gris. Sa mère vaquais dans l'arrière cuisine, il grimpa à l'étage, attrapa ses livres et cahiers pour les mettre dans son cartable. Il ne put s'empêcher d'ouvrir son livre de géographie où il avait glissé le petit mot qu'il allait donné à Julie, à l'école , à la récréation de dix heures.  Julie avec son petit nez retroussé, ses tresses blondes dans le dos et son si joli sourire, il la trouvais si belle et là sur la feuille de cahier il avait écrit :" Julie veux-tu être ma bonne amie".

 Il fermait le cartable quand il entendit le bruit d'une auto qui stoppait devant la maison. Des coups cognés à la porte, violemment, des jurons, puis le cri de sa mère. Brusquement inquiet, il se cacha derrière les rideaux et il assista au crime.
 
La jeune femme, son mari prisonnier de guerre, tenait le poste de secrétaire de mairie. Sa place l'obligeait à recevoir de fréquentes fois, à la mairie ou chez elle quand l'ennemi était pressé, des officiers Allemands à la recherche de renseignements sur des citoyens de la commune. Un brave quidam avait rapporté ces faits à la résistance et celle-ci, ce jour-là, avait décidé de faire justice, sa justice.
 
René vit sa mère assise de force sur une chaise prise dans la cuisine, puis a demi dénudée, un des hommes présents taillada ses cheveux avec un ciseau avant de lui tondre la tête. La pauvre femme semblait pétrifiée. Les yeux dans le vide sans larmes. Un autre homme trempa un doigt dans une boite contenant de l'encre et lui traça une croix gammée sur une joue ensuite après lui avoir lié les poignets dans le dos ils la poussèrent sur la rue qui menait vers le centre du village.
 
Le lendemain matin, René et sa mère, avec quelques bagages montèrent dans le vieil autobus à gazogène, et quittèrent le village pour la ville la plus proche.  Avant de grimper dans le bus, René aperçu Julie qui se dirigeait vers l'école. Honteux, il baissa la tête puis osa la regarder et lui fit un petit bonjour de la main. Julie lui sourit et lui envoya un baiser du bout des doigts. Jamais plus René n'oublia ce geste. 
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 René et sa mère s'étaient réfugiés à la ville. La jeune femme avait assez rapidement trouvé, grâce à ses compétences, un travail de secrétaire dans une étude de notaire. Elle y fut vite remarquée par le vieux notaire qui prit alors ses affaires en main.

René trouva une nouvelle école. Enfant studieux, il fit des études qui l'emmenèrent sans problème au baccalauréat. Il vécut assez mal le divorce de ses parents. En lui-même, il n'arrivait pas à comprendre la punition injustifiée imposée à sa mère et l'indifférence suscitée par l'action de son père.  Le plus coupable, pour lui, était sans nul doute son père.
 
Tout cela n'en fit pas un révolté mais quelqu'un d'un peu renfermé, il n'eut pas beaucoup d'amis. Le travail de sa mère et ses contacts avec l'étude de notaire où elle exerçait le conduisit naturellement vers cette profession. Trois années d'études après son bac il put donc commencer à travailler.

Durant une année, il eut le bonheur de travailler dans la même étude que sa mère mais celle-ci, depuis déjà quelques temps, subissait les attaques d'une tumeur maligne.  Lorsqu'elle disparut, René fut comme atterré, plus rien ne semblait l'intéresser.
 
Il prit sa décision en quelques minutes, quitta l'étude au grand regret du vieux notaire encore en place, et se fondit dans l'anonymat en s'engageant dans la légion Étrangère. Il devint Rémy Dubois.
 
La Légion Étrangère devint sa famille, il s'y distingua ni plus ni moins que ses compagnons, participa à la dernière année de la guerre d'Indochine, puis continua avec celle d'Algérie pour finir en Europe de l'Est et le temps de la retraite arriva.
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C'est un peu plus de vingt ans plus tard que la "maison de la tondue" reprit vie. Personne ne savait d'où venait le nouveau propriétaire, un certain monsieur Rémy Dubois. À la mairie, on savait tout juste que c'était un ancien sous-officier de l'armée, en retraite.
 
Il s'installa discrètement. Le grand parc fut nettoyé, la maison retrouva des couleurs. Les enfants du village, inquiets de ne plus pouvoir jouer dans cet espace, furent vite rassurés quand, quelques jours après l'arrivée du nouveau propriétaire, un petite pancarte fut placée à l'entrée du boisé. Elle disait simplement : «Ce parc est autorisé aux enfants pour y jouer comme par le passé». Les enfants ne s'en privèrent pas et, comme conscients de la responsabilité que leur donnait cette autorisation, il n'y eu jamais de dégradations.
 
Au fil des années Rémy Dubois fut connu de tous les habitants, mais aucun ne pouvait se prévaloir d'en savoir beaucoup sur lui. D'où venait-il, n'avait-il donc aucune famille, tout juste savait-on son ancienne appartenance à l'armée car il ne manquait jamais d'assister chaque année aux cérémonie du souvenir au monument aux morts. Quelques personnes murmuraient l'avoir vu renifler et se moucher un jour à une de ces manifestation comme s'il se cachait de pleurer mais peut-être était ce un mauvais rhume qui embuait ses yeux.
 
Un matin, au printemps, Rémy fut réveillé par un bruit. Lorsqu'il se leva, un léger vertige l'obligea à se tenir contre le mur. Il descendit lentement l'escalier qui menait au rez de chaussée, il comprit que le bruit qui l'avait éveillé était causé par son chat qui demandait à rentrer. «Une minute, minou j'arrive»  dit Rémy mais, à cet instant un brouillard envahit son cerveau. Rémy perdit l'équilibre et tomba avant d'atteindre la porte. Victime d'une hémorragie cérébrale Rémy mourut quelques minutes plus tard.
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 La vieille dame sursauta lorsque la sonnette de la porte d'entrée retentit, c'était inhabituel à cette heure de la matinée. Elle ouvrit la porte devant laquelle se tenait un coursier. Celui-ci lui remit  une lettre et un petit paquet pour lequel elle signa une décharge.
 
Intriguée, elle lu que l'expéditeur était une étude notariale située dans une ville à l'autre bout de la France. La lettre d'accompagnement lui expliquait que le contenu du paquet était un legs que lui faisait monsieur René Dumond, décédé depuis peu.
 
En tremblant, la vieille dame ouvrit le paquet. Il contenait un livre, un livre scolaire, une vieille géographie. Elle l'ouvrit et trouva une feuille de cahier d'écolier où il était écrit à l'encre violette : Julie veux-tu être ma bonne amie.
 
Julie ferma les yeux et revit la scène de ce matin-là. René et sa mère qui se dirigeaient vers le bus, René levant la tête et lui faisant un petit signe de la main et elle lui répondant par un sourire et lui envoyant un baiser du bout des doigts. Julie serra le livre de géographie contre son cœur, les yeux mouillés  elle murmura :
« oui je veux bien être ta petite amie ».
 
Alain Guillon
Sherbrooke - Québec



par Camomille publié dans : Vie communauté : La récréa - Bigornette
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