Dimanche 23 mars 2008
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14:45
TEXTE FAIT POUR LA PETITE FABRIQUE
D'ECRITURE
JE NE PERDS JAMAIS RIEN !
Perdre, je ne perds jamais rien, alors pourquoi écrire sur le verbe perdre ?
Je voulais écrire, mais j'ai perdu le fil de ce que je voulais mettre.
Voyons il s'agit d'utiliser le verbe "perdre"... J'ai perdu quoi ?
Ah oui le fil...
Mais pas besoin de fil pour écrire, le fil c'est fait pour quoi ?
Il est enroulé sur une bobine, où sont mes bobines ?
Je ne m'en souviens pas !
Oh... J'ai vu la bobine d'un voisin, et bien dites moi, il ne vieillit pas bien...
Tandis que moi, avec mes quatre-vingt-dix ans, je fais toute jeunette à côté !
A côté de quoi ?
Zut ! J'ai perdu encore une fois, ce que je voulais vous faire
savoir...
Bon je prends une décision, écrire tout simplement tout ce
que je vois pour ne pas le perdre....
Ah ! Ecrire, voilà ce que je dois faire
mais, pourquoi et pour qui ? Je n'ai pas de courrier à faire...
J'ai entendu parler d'une petite fabrique mais, je ne sais plus de quoi...
Ah si, ils y fabriquent des vers mais, les vers ne se fabriquent pas...
J'ai perdu ce que fait cette petite fabrique, ils élèvent peut-être
des vers à soie ! C'est certainement ça...
Et bien voilà, je me retrouve avec mon fil...
Bon, elle doit être sympa cette petite fabrique puisque je suis
revenue au point de départ !
Je n'ai rien perdu, vous pouvez le constater ....
camomille
Mardi 11 mars 2008
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17:56
Je venais de passer 15 jours à Pau pour les fêtes de fin d'année. L'heure de reprendre le boulot avait sonné et il me
fallait rentrer en Moselle.
C'était un dimanche soir, tout d'abord l'avion
mais, il fallait le quitter à Orly : il n'y avait pas de correspondance pour Metz, la seule solution prendre le train de nuit à la gare de l'Est....
J'avais à peine trois quarts d'heure de battement entre l'aéroport et la gare. Un chauffeur de taxi sympa et une
circulation réduite, à cette heure tardive, m'ont permis d'arriver à temps à la gare.
Il devait rester cinq à six minutes avant le départ du train pour Thionville... J'étais étonnée, je ne voyais
que des uniformes, des militaires qui rentraient à leur caserne et horreur pas d'autre femme, j'étais noyée au mileu de jeunes hommes.
Je n'ai pas eu le temps de voir la gare mais, une sacrée peur s'est emparée de moi. Les wagons étaient encore
composés de compartiments et j'avais beau remonter le train, rien de libre. Tout ou presque était occupé par les militaires et il a bien fallu que je m'installe....
Je me suis retrouvée dans un compartiment fait pour huit personnes avec sept
militaires...
Je crois que j'ai ressenti la plus grande peur de ma vie.
Ce trajet, de deux heures et demie, devint un "enfer". Seule la veilleuse du compartiment était allumée, j'étais épuisée mais, j'avais trop peur de m'endormir...
Ils essayèrent, gentiment, d'engager la conversation, mais impossible de faire une phrase sensée tant j'avais
envie de pleurer. Je me suis sentie abandonnée, perdue, en danger, je me suis faite des scénarii dignes d'Hitchcock quand, à l'annonce de Metz, tous se levèrent, leur casernement était donc
ici...
Je me suis retrouvée seule dans mon compartiment et dans le train sans doute et une belle crise de larmes m'a
soulagé de cette peur iraisonnée que je m'étais créée sans raison.
Une demie heure plus tard, arrivée à Thionville, il me restait une trentaine de kilomètres à faire pour rentrer
chez mes parents... il y avait de la neige, du verglas... La galère continuait...Pas de taxi à l'horizon, et pas encore de portable, me voilà à nouveau seule dans une gare... Il était deux heures
du matin et je travaillais à 9 heures !
Depuis je n'ai jamais repris le train... Je crois que je suis devenue phobique aux gares et aux trains... Je
préfère, de loin, les aéroports.
camomille
Jeudi 21 février 2008
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14:01
Consigne commencer par "Tu prends la premiere rue à droite...."
ENTRE MOI ET........ MOI
Tu prends la première rue à droite !
Mais, pourquoi celle de droite, peux-tu me l'expliquer...
Tu m'avais promis de te laisser guider, souviens-toi
Je n'ai pas oublié mais, cette rue ne me plaît pas
Pourquoi ?
Trop long à expliquer !
Tu veux bien tenir ta promesse ?
Allons-y dans cette rue si triste, si mal éclairée.
Tu ne devais rien dire, juste te laisser guider
C'est bon, pas la peine de t'énerver, j'y vais
Tant mieux !
Tu crois vraiment ?
Tu ne sais que douter, de toi, de tout !
Ce ne sont plus des doutes mais, des certitudes...
Tu vois la maison grise, arrête-toi devant
Pas très engageante cette maison,
Gare la voiture !
Après tout, je le fais !
Tu voulais noircir une page blanche ?
Et bien voilà c'est fait ...
camomille
Jeudi 31 janvier 2008
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12:09
Exercice 30 pour Ecriture Ludique
LE BANC DES SOUVENIRS
Cet homme vu de dos, assis sur un banc, ressemble à s'y méprendre
à mon grand-père paternel. Quels souvenirs lui reviennent en mémoire ?
Sa vie toute entière, je n'en doute pas.
Arrivé en France dans les années vingt, après avoir quitté son Italie
natale, sa vie fut difficile et par ricochet celle de sa famille
.Les émigrés, à cette époque, étaient considérés comme venant
"manger le pain des français". Que de réflexions méprisantes
il a du subir dans sa vie de mineur de fond.
Quand il a quitté l'Emilie-Romagne, c'était tout simplement
pour pouvoir nourrir sa femme et ses deux enfants, âgés
respectivementde deux et un ans...
L'école il ne l'a jamais connue, bien que ne sachant
ni lire ni écrire, cet homme, mon grand-père, était d'une grande
intelligence et d'une bonté jamais remerciée.
Sa vie fut jalonnée de tant de choses qu'il serait difficile de
tout écrire. La maladie, près d'un an sans pouvoir travailler et pour
survivre que cela fut difficile. Pas de salaire ne rentrait, à cette
époque pas d'indemnisation...
La survie grâce au potager et un peu de viande
quand le jour était faste... Ma grand-mère faisait du repassage, elle savait si bien le faire, pour gagner quelques sous, oh pas beaucoup...
Toute cette période, mon père me l'a souvent racontée et je crois
qu'il avait été marqué . Toute sa vie il n'a jamais cessé de répéter
que "la vie avait été si difficile et que pour s'en sortir il fallait avoir un bon métier".
Les années ont passé et la vie s'est améliorée. Son fils, mon père, avait commencé à travailler à la mine lui aussi en tant que porion, il a fait
l'école des mines et quelle fierté pour l'homme assis sur le banc.
Son français a toujours laissé à désirer, il avait du mal à bien le parler.
Il doit aussi penser qu'il est bien seul : son épouse l'a quitté pour un monde meilleur. Ce petit bout de femme toute menue, qui comme
lecture avait une bible et il écoutait, elle lisait à haute voix.
Il nous a quitté, pour rejoindre son aimée, à quatre vingt-huit ans.
Vie ordinaire d'un émigré, mineur en Lorraine au début du
siècle dernier...
camomille
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