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Lundi 20 octobre 2008




LE DIAMANT ET LA GOUTTE DE ROSEE
(Conte allemand)



Un beau diamant, qui avait autrefois brillé au doigt d'une princesse, gisait dans un pré, à côté de pissenlits et de pâquerettes. Juste au-dessus de lui, brillait une goutte de rosée qui s'accrochait timidement à un brin d'herbe. Tout en haut, le brillant soleil du matin dardait ses rayons sur tous les deux, et les faisait étinceler.

La modeste goutte de rosée regardait le diamant, mais sans oser s'adresser à une personne d'aussi noble origine. Un gros scarabée, en promenade à travers les champs aperçut le diamant et reconnut en lui quelque haut personnage.
- Seigneur, dit-il en faisant une grande révérence, permettez à votre humble serviteur de vous offrir ses hommages.
- Merci, répondit le diamant avec hauteur.
En relevant la tête, le scarabée aperçut la goutte de rosée.
- Une de vos parentes, je présume, monseigneur ? demanda-t-il avec affabilité en dirigeant une de ses antennes vers la goutte de rosée.

Le diamant partit d'un éclat de rire méprisant.
- Quelle absurdité ! déclara-t-il. Mais qu'attendre d'un grossier scarabée ? Passez votre chemin, monsieur. Me mettre, moi, sur le même rang, dans la même famille qu'un être vulgaire, sans valeur ! et le diamant s'esclaffait.
- Mais, monseigneur, il me semblait. Sa beauté n'est-elle pas égale à la vôtre ? balbutia timidement le scarabée déconfit.
- Beauté, vraiment ? Imitation, vous voulez dire. En vérité, l'imitation est la plus sincère des flatteries, il y a quelque satisfaction à se le rappeler. Mais cette beauté factice même est ridicule si elle n'est pas accompagnée de la durée. Bateau sans rames, voiture sans chevaux, puits sans eau, voilà ce que c'est que la beauté sans la fortune. Aucune valeur réelle là où il n'y a ni rang ni richesse. Combinez beauté, rang et richesse, et le monde sera à vos pieds. A présent, vous savez pourquoi on m'adore.
Et le diamant lança de tels feux que le scarabée dut en détourner les yeux, pendant que la pauvre goutte de rosée se sentait à peine la force de vivre,
tant elle était humiliée.
Juste alors une alouette descendit comme une flèche, et vint donner du bec contre le diamant.
- Ah ! fit-elle désappointée, ce que je prenais pour une goutte d'eau n'est qu'un misérable diamant. Mon gosier est desséché, je vais mourir de soif.
- En vérité ! Le monde ne s'en consolera jamais, ricana le diamant.
Mais la goutte de rosée venait de prendre une soudaine et noble résolution.
- Puis-je vous être utile, moi ? demanda-t-elle.

L'alouette releva la tête.
- Oh ! ma précieuse amie, vous me sauverez la vie.
- Venez, alors. Et la goutte de rosée glissa du brin d'herbe dans le gosier altéré de l'alouette.

- Oh ! oh ! murmura le scarabée en reprenant sa promenade. Voilà une leçon que je n'oublierai pas. Le simple mérite vaut plus que le rang et la richesse sans modestie et sans dévouement ;
il ne peut y avoir aucune réelle beauté sans cela.


par Camomille publié dans : Contes communauté : La récréa - Bigornette
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Samedi 27 septembre 2008

Le roi et le jardin


Il y avait un jour un roi qui avait planté près de son château toutes sortes d'arbres, de plantes et et son jardin était d'une grande beauté. Chaque jour, il s'y promenait : c'était pour lui une joie et une détente.

Un jour, il dût partir en voyage. A son retour, il s'empressa d'aller marcher dans le jardin. Il fût surpris en constatant que les plantes et les arbres étaient en train de se dessécher. Il s'adressa au pin, autrefois majestueux et plein de vie, et lui demanda ce qui s'était passé. Le pin lui répondit :

- J'ai regardé le pommier et je me suis dit que jamais je ne produirais les bons fruits qu'il porte. Je me suis découragé et j'ai commencé à sécher.

Le roi alla trouver le pommier : lui aussi se desséchait... Il l'interrogea et il dit :

- En regardant la rose et en sentant son parfum, je me suis dit que jamais je ne serais aussi beau et agréable et je me suis mis à sécher.

Comme la rose elle-même était en train de dépérir, il alla lui parler et elle lui dit : "Comme c'est dommage que je n'ai pas l'âge de l'érable qui est là-bas et que mes feuilles ne se colorent pas à l'automne. Dans ces conditions, à quoi bon vivre et faire des fleurs ? Je me suis donc mise à dessécher."

Poursuivant son exploration, le roi aperçut une magnifique petite fleur. Elle était toute épanouie. Il lui demanda comment il se faisait qu'elle soit si vivante.

Elle lui répondit :
- J'ai failli me dessécher, car au début je me désolais. Jamais je n'aurais la majesté du pin, qui garde sa verdure toute l'année; ni le raffinement et le parfum de la rose. Et j'ai commencé à mourir mais j'ai réfléchi et je me suis dit : "Si le roi, qui est riche, puissant et sage, et qui a organisé ce jardin, avait voulu quelque chose d'autre à ma place, il l'aurait planté. Si donc, il m'a plantée, c'est qu'il me voulait, moi, telle que je suis et, à partir de ce moment, j'ai décidé d'être la plus belle possible !

Anonyme


par Camomille publié dans : Contes communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 9 septembre 2008

LE PETIT PRINCE ET LA ROSE


Le Petit Prince vit avec sa rose une histoire d'amour difficile. Sa rose est en effet souvent "capricieuse", parfois "orgueilleuse" et dans tous les cas, "pas trop modeste". Elle exige ses petits déjeuners quand elle a faim, son paravent pour les courants d'air et son globe dès que le froid se fait sentir ! Et le Petit Prince s'exécute avec bonne volonté jusqu'au jour où cette situation le rend trop malheureux. Il décide alors de voyager pour découvrir l'univers. Ce voyage lui apprendra une des choses les plus importantes pour lui : son amour pour sa rose. Le renard son ami, sage de son expérience, lui révèle un précieux secret. Ce secret est aujourd'hui un des plus connus au monde ("même si les hommes ont oublié cette vérité").
C'est grâce au Petit Prince que tout le monde se souvient de cette maxime :
L'essentiel est invisible pour les yeux.
Or, vous souvenez-vous de ce qui suit ?
C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.
Tu es responsable de ta rose...
Ainsi c'est le renard qui lui fait comprendre que sa rose est unique au monde et le Petit Prince se rend compte, avec un peu de recul, qu'il était "trop jeune pour savoir l'aimer".

Saint EXUPERY


"Elle m'embaumait et m'éclairait. Je n'aurais jamais dû m'enfuir ! J'aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires !
Mais j'étais trop jeune pour savoir l'aimer."

Le Petit Prince

par Camomille publié dans : Contes communauté : La récréa - Bigornette
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Mercredi 9 juillet 2008



SAINT-EXUPERY ET LE PETIT PRINCE

Le Petit Prince



Le Petit Prince est l'œuvre la plus connue d'Antoine de Saint-Exupéry. Publié en 1943 à New York, c'est un conte poétique et philosophique sous l'apparence d'un conte pour enfants. C'est un récit qui n'a pas d'étiquette dans l'histoire littéraire.

Chaque chapitre relate une rencontre du petit prince qui laisse celui-ci perplexe quant au comportement absurde des « grandes personnes ». Chacune de ces rencontres peut être lue comme une allégorie.

Le langage, simple et dépouillé, parce que destiné à être compris des enfants, est en réalité pour le narrateur le véhicule privilégié d'une conception symbolique de la vie.

Les aquarelles font partie du texte et participent de cette pureté du langage : dépouillement et profondeur sont les qualités maîtresses de l'œuvre.

On peut y lire une invitation de l'auteur à retrouver l'enfant en soi, car

« toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants.

(Mais peu d'entre elles s'en souviennent.) ».

 Le narrateur et le Petit Prince


Le narrateur est un aviateur qui, à la suite d'une panne de moteur, a dû se poser en catastrophe dans le désert Sahara et doit tenter seul de réparer son avion.

Le lendemain de son atterrissage forcé, il est réveillé par une petite voix qui lui demande « S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! ».

Très surpris par cette « apparition miraculeuse », l'aviateur obéit, mais aucun de ses moutons ne convient au Petit Prince. Excédé, le narrateur dessine la caisse du mouton : « Ça, c'est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans. »


Jour après jour, le petit prince raconte son histoire au narrateur. Il vit sur une autre planète, l'astéroïde B612, « à peine plus grande qu'une maison ». Ayant assisté à la naissance d'une rose superbe - orgueilleuse, coquette et exigeante -, le Petit Prince découvre que l'amour... peut avoir des épines. Il décide alors de quitter sa planète et d'aller explorer les étoiles, en quête d'amis.

Le voyage du Petit Prince



Le Petit Prince visite sept planètes :

   1. La planète du roi dont la logique est celle de « régner sur ».
   2. Celle du vaniteux qui ne cesse de saluer pour qu'on l'acclame.
   3. La planète du buveur, qui boit « pour oublier qu'il a honte de boire ».
   4. L'étoile du businessman qui compte les étoiles et qui ne cesse de répéter « je suis un homme sérieux, moi ».
   5. La planète de l'allumeur de réverbères, le seul qui ne paraisse pas ridicule au Petit Prince « parce qu'il s'occupe d'autre chose que de soi-même ».
   6. La planète du géographe.
   7. « La septième planète fut donc la Terre où il rencontre divers êtres vivants. Elle était la plus grande planète qui comportait deux milliards de grandes personnes. »

Le Petit Prince sur Terre


Toujours en quête d'amis, le Petit Prince arrive sur Terre, et c'est encore la solitude et l'absurdité de l'existence qu'il va découvrir: sa rencontre avec le serpent qui ne parle que par énigmes, celle d'une fleur « à trois pétales », l'écho des montagnes.

Enfin, il arrive dans un jardin de roses. Alors il se rend compte que sa fleur n'était pas unique et devient bien malheureux.

C'est alors qu'il rencontre le renard qui explique au Petit Prince ce que signifie « apprivoiser ». C'est grâce à l'enseignement du renard que le Petit Prince découvre la profondeur de l'amitié :

    * « On ne voit bien qu'avec le cœur ; l'essentiel est invisible pour les yeux. »
    * « Tu es responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »
    * « C'est le temps que tu as perdu pour ta rose, qui fait ta rose si importante. »

Plus tard, le petit prince rencontre successivement un aiguilleur et un marchand avant de rencontrer l'aviateur - avec lequel il restera sept jours. Guidé par la fragilité et la candeur du Petit Prince, il finit par découvrir un puits dans le désert : « Ce qui embellit le désert, dit le Petit Prince, c'est qu'il cache un puits quelque part. » Peu après, le Petit Prince explique au narrateur qu'il est arrivé sur Terre depuis près d'un an : il doit rentrer sur sa planète pour s'occuper de sa fleur dont il se sent désormais « responsable ». En compagnie de l'aviateur, le Petit Prince revient sur le lieu exact où il était arrivé : « Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit à cause du sable. »

Le Petit Prince sourit, il rira même éternellement dans les étoiles d'après le texte de St EX lui-même chapitre 26 entre autres.



par Camomille publié dans : Contes
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Mardi 22 janvier 2008

Le grillon



Un pauvre petit grillon
Caché dans l'herbe fleurie
Regardait un papillon
Voltigeant dans la prairie.
L'insecte ailé brillait des plus vives couleurs ;
L'azur, la pourpre et l'or éclataient sur ses ailes ;
Jeune, beau, petit maître, il court de fleurs en fleurs,
Prenant et quittant les plus belles.
Ah! disait le grillon, que son sort et le mien
Sont différents ! Dame nature
Pour lui fit tout, et pour moi rien.
je n'ai point de talent, encor moins de figure.
Nul ne prend garde à moi, l'on m'ignore ici-bas :
Autant vaudrait n'exister pas.
Comme il parlait, dans la prairie
Arrive une troupe d'enfants :
Aussitôt les voilà courants
Après ce papillon dont ils ont tous envie.
Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l'attraper ;
L'insecte vainement cherche à leur échapper,
Il devient bientôt leur conquête.
L'un le saisit par l'aile, un autre par le corps ;
Un troisième survient, et le prend par la tête :
Il ne fallait pas tant d'efforts
Pour déchirer la pauvre bête.
Oh! oh! dit le grillon, je ne suis plus fâché ;
Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde !
Pour vivre heureux, vivons caché.

Jean-Pierre Claris de FLORIAN 
(1755-1794)



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par Camomille publié dans : Contes
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